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Espaces communs de plein air : l’indispensable infrastructure des métropoles Publiée le 03.08.26

Et si le véritable équipement collectif du 21ᵉ siècle n’était plus un bâtiment, mais un espace ouvert, vivant et partagé ?

Table ronde en mou­ve­ment sur tout le site de Vive les Groues.
Jeu­di 2 juil­let 2026, 18h > 18h45,
en ouver­ture de la soirée annuelle Yes We Camp. 

Pen­dant près de dix ans, Vive les Groues a été un lieu de vie en plein air. Une anci­enne friche dev­enue un jardin com­mun, un lieu d’ac­tiv­ités péd­a­gogiques et arti­sanales, un espace où l’on pou­vait se promen­er, pique-niquer, fêter un anniver­saire, pren­dre soin des arbres plan­tés ensem­ble.

L’intention ini­tiale relève d’une part d’un urban­isme pro­gres­sif : sus­citer l’émer­gence d’usages con­textuels pour les inté­gr­er ensuite à la pro­gram­ma­tion urbaine ; et d’autre part d’une expéri­ence sur les espaces partagés de plein air. 

Dans nos métrop­o­les tou­jours plus dens­es, où les loge­ments sont sou­vent petits et où les besoins de nature, de fraîcheur et de lien social ne cessent de grandir, pour­rions-nous per­me­t­tre l’existence d’une maille régulière d’espaces extérieurs de nature, de con­vivi­al­ité et d’engagement local ? 

Ces espaces ne rem­pla­cent ni les parcs publics, ni les jardins partagés, ni les ter­rains d’aven­ture. Ils pro­lon­gent cette his­toire en réu­nis­sant, dans un même lieu, des fonc­tions sociales, écologiques, cul­turelles et citoyennes jusqu’i­ci sou­vent séparées.

Ces lieux répon­dent à plusieurs grands défis con­tem­po­rains : adap­ta­tion cli­ma­tique, san­té, bio­di­ver­sité, hos­pi­tal­ité, démoc­ra­tie locale, engage­ment citoyen, qual­ité de vie. Peu d’in­fra­struc­tures publiques répon­dent simul­tané­ment à autant d’en­jeux. Pour­tant, ces espaces restent mal iden­ti­fiés dans les poli­tiques publiques. L’ex­péri­ence de Yes We Camp est révéla­trice : tous nos pro­jets de plein air ont dû fer­mer sans avoir trou­vé leur équili­bre.

À l’oc­ca­sion de sa soirée annuelle, ce jeu­di 2 juil­let, Yes We Camp pro­pose une con­ver­sa­tion en mou­ve­ment à tra­vers Vive les Groues. En par­courant le site, cinq inter­venants partageront leur regard pour défendre ensem­ble cette intu­ition : et si les espaces com­muns de plein air deve­naient une infra­struc­ture mét­ro­pol­i­taine essen­tielle de notre époque ?

Les interventions

Nicolas Détrie — Yes We Camp > Le paradoxe

Depuis dix ans, Yes We Camp développe des lieux hybrides per­me­t­tant des ren­con­tres, des fonc­tions sociales, des activ­ités économiques, artis­tiques et arti­sanales, ain­si qu’un engage­ment des riverains. Tous les lieux dis­posant de bâti­ments ont trou­vé leur équili­bre, mais les lieux de plein air ont fer­mé sans avoir trou­vé leur mod­èle. Retour d’expérience sur Fores­ta, Bercy Beau­coup et Vive les Groues.

Estelle Sabati­er — Pavil­lon de l’Arse­nal > Ren­dre vis­i­ble un angle mort

Com­ment observ­er et qual­i­fi­er ces espaces hybrides ? À par­tir des travaux de l’A­pur con­sacrés à l’ur­ban­isme tran­si­toire, cette inter­ven­tion mon­tr­era pourquoi les espaces com­muns de plein air restent encore dif­fi­ciles à iden­ti­fi­er dans les caté­gories clas­siques de l’amé­nage­ment, et ouvri­ra des pistes pour mieux recon­naître leur rôle dans les métrop­o­les con­tem­po­raines.

Jean-Christophe Nani — Fon­da­teur de TN+ > Le paysage comme bien com­mun

Les espaces com­muns de plein air pro­duisent des usages, mais ils fab­riquent aus­si du paysage. Ils accueil­lent la bio­di­ver­sité, trans­for­ment les sols, per­me­t­tent de planter des arbres et créent des attache­ments durables. Leur héritage est autant écologique que cul­turel et social.

Thier­ry Bou­ton­nier — artiste > Des com­muns négat­ifs à la diplo­matie des arbres

Les frich­es por­tent l’héritage du passé, notam­ment les pol­lu­tions et les sols dégradés. Des “com­muns négat­ifs” qui tra­versent les généra­tions. Peut-on trans­former ces héritages en espaces de répa­ra­tion ? Il faut pro­pos­er une autre rela­tion au vivant, fondée sur le soin, le temps long et une diplo­matie avec les arbres.

Andrea Urbina — Brux­elles Envi­ron­nement > Quand la puis­sance publique fait con­fi­ance

À Brux­elles, la Région expéri­mente une autre manière de faire la ville : con­serv­er la pro­priété des ter­rains tout en con­fi­ant leur occu­pa­tion et leur ani­ma­tion à des col­lec­tifs citoyens. Un retour d’ex­péri­ence con­cret sur les con­di­tions qui per­me­t­tent aux espaces com­muns de devenir de véri­ta­bles poli­tiques publiques, fondées sur la con­fi­ance, la coopéra­tion et la co-con­struc­tion.

Cette ren­con­tre est organ­isée par Yes We Camp dans le cadre de sa soirée annuelle.